Sommaire
- Points clés à retenir :
- Avitailleur : définition et présentation du métier
- Les missions et activités de l’avitailleur
- Compétences et qualités requises pour être avitailleur
- Comment devenir avitailleur : prérequis et accès au métier
- Salaire avitailleur : rémunération et primes
- Conditions de travail et réalités du métier
- Évolution de carrière et perspectives professionnelles
- L’essentiel sur le métier d’avitailleur
L’avitailleur est le professionnel qui ravitaille les avions en carburant sur les aéroports.
Pour exercer ce métier, aucun diplôme n’est requis mais vous devez posséder le permis poids lourd et les certifications pour le transport de matières dangereuses.
Côté rémunération, attendez-vous à démarrer au SMIC, soit environ 1 800 euros bruts mensuels, avec des primes qui peuvent faire monter la facture jusqu’à 2 500 ou 2 900 euros selon vos horaires et votre ancienneté.
Ce métier technique reste méconnu alors qu’il joue un rôle absolument crucial dans la sécurité aérienne.
Chaque jour, l’avitailleur manipule du kérosène, contrôle sa qualité et assure le bon ravitaillement des appareils, par tous les temps et à toute heure.
Si vous cherchez un métier accessible rapidement, sans longues études et que travailler en extérieur ne vous fait pas peur, cette fiche vous donne toutes les clés pour comprendre si cette voie correspond à votre projet.
Points clés à retenir
- Métier accessible sans diplôme mais les permis C ou CE et les certifications ADR et FIMO restent obligatoires
- Salaire de base au SMIC (environ 1 800 euros bruts) avec des primes significatives pour horaires décalés et manipulation de produits dangereux
- Missions techniques exigeantes : réception et contrôle qualité du carburant, ravitaillement des avions, maintenance du matériel
- Conditions de travail difficiles : extérieur par tous les temps, horaires en rotation 2×8, travail de nuit et week-ends
- Rigueur et résistance physique indispensables pour manipuler des matières dangereuses et porter des charges lourdes
- Titre de Circulation Aéroportuaire obligatoire après enquête de moralité pour accéder aux zones réservées
- Deux voies d’accès : secteur civil (groupes pétroliers) ou militaire (engagement de 5 ans dans l’armée de l’air)
- Évolution possible vers chef d’équipe puis responsable de dépôt de carburant après quelques années d’expérience
- Formation réglementée par l’arrêté du 12 décembre 2000 avec renouvellement des compétences tous les 3 ans
- Recrutement via agences d’intérim souvent comme porte d’entrée avant un CDI
Avitailleur : définition et présentation du métier
Le rôle de l’avitailleur dans la chaîne aéroportuaire
Sans avitailleur, aucun avion ne décolle. Ce métier technique consiste à ravitailler les aéronefs en carburant sur les plateformes aéroportuaires, les aérodromes et les hélistations. L’avitailleur garantit que chaque appareil reçoit la bonne quantité de kérosène au bon moment, dans le respect strict des procédures de sécurité.
Contrairement aux idées reçues, l’avitailleur ne travaille pas pour l’aéroport. Il opère pour le compte d’une compagnie pétrolière ou d’une société spécialisée. Il évolue directement sur le tarmac, au pied des avions, où il manipule quotidiennement des matières dangereuses qui ne tolèrent aucune erreur. Chaque retard dans le ravitaillement retarde les décollages. Chaque erreur dans le contrôle du carburant peut compromettre la sécurité du vol.
Avitailleur civil vs avitailleur militaire : statuts et différences
Le métier se décline en deux voies distinctes. Dans le civil, l’avitailleur travaille comme prestataire pour des groupes pétroliers sur des aéroports commerciaux. Dans le militaire, on parle de conducteur opérateur pétrolier au sein de l’armée de l’air. Ce professionnel assure le ravitaillement des avions militaires, en métropole ou en opérations extérieures.
Pour l’armée, vous devez avoir la nationalité française et entre 17 ans et demi et 30 ans. Aucun diplôme n’est exigé, même si un CAP ou un bac transport est apprécié. La formation militaire dure sept mois. Dans le civil, les sociétés recrutent plus librement mais exigent rapidement les permis poids lourds et les certifications pour le transport de produits dangereux.
Les missions et activités de l’avitailleur
Réception et contrôle qualité du carburant (analyses, détection d’eau, filtration)
La journée commence au dépôt, où l’avitailleur réceptionne le kérosène arrivant de la raffinerie par camion-citerne. Il vérifie systématiquement la qualité grâce à des filtres et des produits chimiques réactifs. Ces pastilles ou bâtonnets trempés dans le carburant révèlent toute anomalie. La présence d’eau constitue le danger principal puisqu’elle peut geler en altitude et bloquer les moteurs.
À chaque manipulation jusqu’à la livraison finale, l’avitailleur contrôle le carburant. Ce niveau d’exigence dans le contrôle qualité justifie la formation obligatoire imposée par l’arrêté du 12 décembre 2000, avec un renouvellement tous les trois ans.
Ravitaillement en carburant : procédures, surveillance de la pression et sécurité
Équipé d’un mini-ordinateur, l’avitailleur identifie l’avion à ravitailler et consulte ses caractéristiques. Il achemine le kérosène soit par camion-citerne, soit via des pipelines souterrains. Il branche les tuyaux flexibles aux réservoirs de l’appareil et surveille constamment la pression. Si elle devient trop forte, la tuyauterie risque d’exploser.
Il obéit aux consignes du commandant de bord qui indique comment répartir le carburant. Contrairement aux idées reçues, l’avitailleur ne fait pas systématiquement le plein. Avant de débrancher, il prélève un dernier échantillon pour vérifier la qualité. Cette procédure se répète à chaque ravitaillement.
Maintenance du matériel, gestion des stocks et facturation
L’avitailleur assure aussi la maintenance des camions-citernes, des tuyaux et des équipements de sécurité. Il gère les stocks de carburant et anticipe les besoins selon le trafic. Enfin, il facture la prestation à la compagnie aérienne via son ordinateur portable, rappelant qu’il travaille pour une entreprise de services et non pour l’aéroport.
Compétences et qualités requises pour être avitailleur
Qualités personnelles indispensables (rigueur, autonomie, résistance physique)
La rigueur reste indispensable puisque vous manipulez des produits inflammables. Chaque geste suit un protocole strict. L’autonomie est également cruciale car vous devez prendre des décisions seul sur le terrain, même sous la supervision d’un chef d’équipe.
La résistance physique compte énormément. Vous travaillez en extérieur par tous les temps, portez des charges lourdes et enchaînez des horaires décalés en rotation 2×8, avec du travail de nuit, le week-end et les jours fériés. La ponctualité reste non négociable puisque vos missions suivent le planning strict des décollages.
Compétences techniques et connaissance des procédures de sécurité
Vous devez maîtriser les procédures de ravitaillement, comprendre les propriétés du kérosène et savoir détecter une contamination.
Des notions de gestion de stock complètent ce bagage technique.
Vous devez aussi connaître parfaitement la réglementation aéroportuaire sur le tarmac, car chaque manquement peut avoir des conséquences graves.
Comment devenir avitailleur : prérequis et accès au métier
Permis de conduire (C, CE) et certifications obligatoires (ADR, FIMO)
Aucun diplôme n’est requis, mais vous devez posséder le permis C (véhicules de plus de 3,5 tonnes) ou mieux, le permis CE pour les camions-citernes avec remorque. La certification ADR pour le transport de produits dangereux reste incontournable, notamment l’ADR 8.2 pour les avitailleurs.
L’attestation FIMO (Formation Initiale Minimale Obligatoire) s’adresse aux débutants du transport routier. Certains employeurs acceptent de financer ces formations après recrutement. Un CAP conducteur routier, un CAP industries chimiques ou un Bac Pro Logistique facilitent l’embauche.
Titre de Circulation Aéroportuaire : conditions et enquête de moralité
Le Titre de Circulation Aéroportuaire (TCA) reste impératif pour accéder aux zones réservées. Son obtention passe par une enquête de moralité menée par les autorités. Tout problème avec la justice peut entraîner le refus de ce titre. Une fois recruté, vous passez les permis piste T et M pour circuler légalement sur le tarmac.
Recrutement dans le civil (groupes pétroliers) et dans l’armée de l’air
Dans le civil, les groupes pétroliers comme Total, Shell ou BP constituent les premiers employeurs.
Les agences d’intérim représentent une porte d’entrée fréquente.
Dans le militaire, vous vous engagez pour cinq ans comme conducteur opérateur pétrolier.
Conditions : nationalité française, 17 ans et demi à 30 ans, permis B. La formation de sept mois combine instruction militaire et technique.
Salaire avitailleur : rémunération et primes
Grille de salaire de base (SMIC et évolution selon l’ancienneté)
Le salaire d’un avitailleur démarre au SMIC, que ce soit dans le civil ou l’armée. Les données disponibles indiquent qu’un avitailleur avec permis poids lourd et BTS peut espérer 1 800 euros bruts mensuels dans le privé.
Les grands groupes indexent la rémunération sur la convention collective du transport.
Primes et compléments de revenus (horaires décalés, pénibilité, indemnités de risques)
Les primes changent vraiment la donne. Les horaires décalés (nuit, week-end, jours fériés) rapportent des compléments significatifs. Les indemnités de risques pour la manipulation de matières dangereuses s’ajoutent, tout comme les primes d’assiduité qui récompensent votre régularité.
Dans l’armée, un célibataire reçoit environ 1 360 euros nets mensuels en début de contrat, avec logement et nourriture pris en charge. Au final, un avitailleur expérimenté peut espérer entre 2 000 et 2 900 euros mensuels selon les offres d’emploi disponibles.
Conditions de travail et réalités du métier
Environnement de travail : tarmac, extérieur, horaires variables (2×8)
L’avitailleur travaille dans un environnement exigeant et bruyant sur le tarmac. Le bruit des réacteurs vous accompagne toute la journée.
Vous restez exposé aux intempéries : pluie, neige, canicule.
Les horaires suivent le trafic aérien en rotation 2×8, avec du travail de nuit et les week-ends. Mieux vaut disposer d’un véhicule personnel car les transports en commun ne correspondent pas aux horaires décalés.
Contraintes physiques et climatiques du poste
Vous portez régulièrement des charges lourdes : tuyaux, équipements de contrôle, matériel de sécurité.
Ces manipulations répétées sollicitent votre dos et vos épaules.
L’utilisation de produits chimiques pour vérifier le kérosène nécessite des équipements de protection. Le stress reste constant puisque vous manipulez des matières inflammables où aucune erreur n’est permise.
Organisation et travail en équipe sous la supervision d’un chef d’équipe
Le travail s’organise en équipe pour assurer un ravitaillement rapide. Vous interagissez avec les pilotes, les agents de piste et vos collègues.
Vous exercez sous l’autorité d’un chef d’équipe qui répartit les tâches et vérifie les procédures. Malgré cette supervision, vous devez rester autonome sur le terrain.
Évolution de carrière et perspectives professionnelles
Progression interne : chef d’équipe puis responsable de dépôt de carburant
Après quelques années, vous pouvez devenir chef d’équipe d’avitaillement.
Ce poste de supervision implique la coordination des opérations et le management.
L’étape suivante : superviseur puis responsable de dépôt de carburant, avec des responsabilités accrues en logistique. Une formation complémentaire comme un bac pro transport peut s’avérer nécessaire.
Passerelles vers d’autres métiers de l’aéroportuaire, de la logistique ou du transport
Vos compétences ouvrent des portes vers le transport routier, la logistique ou l’industrie chimique.
Dans l’aéroportuaire, vous pouvez évoluer vers agent de piste ou technicien de maintenance aéronautique avec des formations complémentaires.
Le poste de gestionnaire de la chaîne d’approvisionnement reste accessible si vous développez des compétences en gestion. Dans l’armée, vous progressez en grade jusqu’au statut de sous-officier.
L’essentiel sur le métier d’avitailleur
Vous savez maintenant que l’avitailleur occupe une place centrale dans la chaîne aéroportuaire, même si ce métier reste dans l’ombre.
La réalité du terrain mélange responsabilités importantes et conditions exigeantes.
Vous manipulez quotidiennement du kérosène sous la pression des horaires de vol, par tous les temps, avec un salaire qui démarre modestement mais qui peut évoluer grâce aux primes.
Ce métier convient parfaitement aux personnes rigoureuses, autonomes et résistantes physiquement qui cherchent une voie d’accès rapide sans passer par de longues études.
Les évolutions existent, que ce soit vers des postes d’encadrement ou vers d’autres métiers de l’aéroportuaire et du transport.
Maintenant que vous disposez de toutes les informations concrètes, à vous de peser le pour et le contre selon votre situation personnelle et vos priorités professionnelles.
| Critère | Détails |
| Définition du métier | Professionnel qui ravitaille les avions en carburant sur les plateformes aéroportuaires |
| Diplôme requis | Aucun diplôme obligatoire (CAP transport ou industries chimiques apprécié) |
| Prérequis obligatoires | Permis C ou CE, certification ADR, attestation FIMO, Titre de Circulation Aéroportuaire |
| Salaire débutant | SMIC (environ 1 800 euros bruts mensuels) |
| Salaire avec primes | Entre 2 000 et 2 900 euros mensuels selon ancienneté et horaires |
| Missions principales | Contrôle qualité du carburant, ravitaillement des avions, maintenance du matériel, facturation |
| Horaires de travail | Rotation 2×8, nuit, week-ends et jours fériés |
| Conditions de travail | Extérieur par tous les temps, manipulation de matières dangereuses, charges lourdes |
| Qualités requises | Rigueur, autonomie, résistance physique, ponctualité |
| Employeurs | Groupes pétroliers, sociétés d’avitaillement, armée de l’air |
| Évolution de carrière | Chef d’équipe, superviseur, responsable de dépôt de carburant |
| Reconversions possibles | Agent de piste, technicien maintenance aéronautique, logistique, transport routier |
| Secteurs d’accès | Civil (via agences intérim ou groupes pétroliers) ou militaire (engagement 5 ans) |

