Sommaire
- 01 — Les Français lisent bien l’anglais. Ils ne savent pas le parler.
- 02 — Le classement européen de l’oral : la France presque tout en bas
- 03 — Pourquoi ce paradoxe est un mur pour les candidats hôtesse de l’air et steward
- 04 — La bonne nouvelle : l’oral, ça se travaille spécifiquement
- Questions fréquentes
Niveau d’anglais oral des Français : 32e sur 35 en Europe, le paradoxe qui bloque les candidats hôtesse de l’air et steward
En bref : Selon l’étude EF EPI 2025 (publiée en novembre 2025, sur 2,2 millions de candidats dans 123 pays), la France atteint la 38e place mondiale au score global d’anglais, mais s’effondre à l’expression orale : 456 points, soit la 32e position sur 35 pays européens classés. L’écart entre la compréhension écrite (555) et l’oral (456) atteint près de 100 points. Conséquence directe pour les futurs hôtesses de l’air et stewards : un entretien de recrutement se joue presque entièrement à l’oral, exactement la compétence où les Français sont les plus faibles.
Chaque année, l’organisme EF Education First publie l’EF English Proficiency Index, le plus large classement mondial du niveau d’anglais des adultes. L’édition 2025 s’appuie sur les résultats de 2,2 millions de personnes dans 123 pays. Et pour la France, le titre est flatteur : le pays progresse, gagne onze places et atteint la 38e position mondiale, devant l’Espagne et l’Italie sur le score global. De quoi se réjouir. Sauf que ce chiffre global cache une réalité bien moins reluisante, et c’est précisément celle qui nous intéresse quand on prépare un futur personnel navigant commercial à un entretien en compagnie.
Car 2025 marque une première : l’étude évalue désormais séparément les quatre compétences : lecture, écoute, écriture et, surtout, expression orale. Et c’est là que le château de cartes s’effondre.
| 38e | Rang mondial de la France au score global d’anglais |
| 32e/35 | Rang de la France à l’oral parmi les pays d’Europe |
| 99 pts | L’écart entre le score de lecture (555) et le score d’oral (456) des Français |
01 — Les Français lisent bien l’anglais. Ils ne savent pas le parler.
Le score de la France en compréhension écrite atteint 555 points, un niveau solide. Mais en expression orale, il chute à 456 points. Près de cent points d’écart entre ce qu’un Français comprend en lisant et ce qu’il est capable de produire à l’oral. Ce n’est pas un détail statistique : c’est la signature d’un système qui apprend à déchiffrer une langue sans jamais apprendre à la pratiquer.
EF le formule clairement dans son rapport EF EPI 2025 : la compréhension écrite est la compétence la plus forte dans près de 80% des pays, parce que c’est la plus facile à enseigner en classe. L’expression orale, à l’inverse, est la compétence la plus faible dans la majorité des pays, et celle qui affiche la plus basse moyenne mondiale. C’est aussi la compétence la plus visible : celle qui permet à un candidat de convaincre un recruteur.
« L’oral est la compétence la plus remarquée chez un adulte, celle qui donne aux interlocuteurs étrangers leur impression du niveau d’anglais d’un pays. » — EF EPI 2025
02 — Le classement européen de l’oral : la France presque tout en bas
En classant les 35 pays européens pour lesquels EF publie un score d’expression orale, la France se retrouve 32e. Seules la Moldavie, la Turquie et l’Italie font moins bien. La France reste reléguée dans le tiers inférieur du continent, loin derrière des voisins au niveau global pourtant comparable.
| # | Pays | Score oral |
|---|---|---|
| 1 | Bosnie-Herzégovine | 548 |
| 2 | Lettonie | 542 |
| 3 | Norvège | 539 |
| 4 | Roumanie | 534 |
| 5 | Grèce | 533 |
| 6 | Danemark | 529 |
| 7 | Croatie | 526 |
| 8 | Suède | 525 |
| 9 | Hongrie | 523 |
| 10 | Allemagne | 521 |
| 11 | Pologne | 518 |
| 12 | Pays-Bas | 514 |
| 13 | Autriche | 513 |
| 14 | Chypre | 510 |
| 15 | Géorgie | 507 |
| 16 | Slovaquie | 505 |
| 17 | Portugal | 502 |
| 18 | Bulgarie | 501 |
| 19 | Finlande | 500 |
| 20 | Serbie | 499 |
| 21 | Tchéquie | 498 |
| 22 | Belgique | 495 |
| 23 | Arménie | 494 |
| 24 | Suisse | 481 |
| 25 | Albanie | 478 |
| 26 | Ukraine | 477 |
| 27 | Biélorussie | 471 |
| 28 | Lituanie | 470 |
| 29 | Espagne | 462 |
| 30 | Russie | 462 |
| 31 | Azerbaïdjan | 457 |
| 32 | France | 456 |
| 33 | Moldavie | 451 |
| 34 | Turquie | 438 |
| 35 | Italie | 417 |
Source : EF English Proficiency Index 2025, section « Proficiency Detail ». La Macédoine du Nord et l’Estonie ne disposent pas de score d’expression orale publié et sont exclues du classement. À noter : moins de 20% des candidats testent leur expression orale, l’échantillon est donc plus restreint que pour le score global.
03 — Pourquoi ce paradoxe est un mur pour les candidats hôtesse de l’air et steward
Ce décalage entre l’écrit et l’oral, EF l’observe surtout en Europe : les pays européens comptent parmi les écarts les plus larges au monde entre compétences réceptives (lire, écouter) et productives (parler, écrire). Le Français type a passé des années à remplir des exercices de grammaire et à lire des textes. Placez-le face à un recruteur de compagnie aérienne qui mène l’entretien en anglais, et tout s’écroule.
Ce constat rejoint celui d’une étude Cambridge English qui établit que la majorité des Français se situent autour du B1 ou en dessous en anglais. Or les compagnies aériennes exigent le B2 minimum, et en 2026 les candidats C1 sont priorisés chez Air France et HOP!. L’écart à combler est donc réel, et il se joue surtout à l’oral.
Or un entretien de recrutement PNC, c’est exactement ça : de l’oral, et rien que de l’oral. Un échange spontané, des mises en situation, des questions de sécurité, un test de fluidité et d’aisance. Personne ne demande à un candidat de rédiger une dissertation. On lui demande de parler, de réagir, de rassurer un passager imaginaire en cabine.
Et cette réalité dépasse le seul cadre des compagnies françaises. Les compagnies européennes comme easyJet ou Ryanair ne demandent pas de certification d’anglais : mais leur recrutement se déroule entièrement en anglais. Les compagnies internationales comme Emirates conduisent également leurs entretiens intégralement en anglais, avec des exercices de groupe et un entretien individuel, sans certification préalable exigée. Dans tous les cas, la fluidité orale est évaluée directement, dès les premières minutes. La compétence sur laquelle la France est 32e d’Europe est précisément la seule qui détermine l’embauche.
C’est aussi pour cela que des tests comme le LILATE ou le Linguaskill, qui évaluent réellement l’oral, sont exigés par les compagnies françaises. En 2026, la majorité des candidats retenus chez Air France et HOP! disposaient d’un niveau C1. Viser un niveau B2, et idéalement C1, ne veut rien dire si ce niveau ne se traduit pas par une vraie aisance à parler.
La France n’a pas un problème d’anglais. Elle a un problème d’anglais parlé. Et c’est exactement là que se joue un recrutement en compagnie.
04 — La bonne nouvelle : l’oral, ça se travaille spécifiquement
Le constat d’EF n’est pas une fatalité. Si les Français parlent mal anglais, c’est parce qu’on ne le leur a jamais vraiment fait pratiquer, pas parce qu’ils en sont incapables. La recommandation centrale du rapport est limpide : pour faire progresser le niveau d’un individu, il faut investir en priorité dans la compétence la plus faible, qui est dans la plupart des cas la capacité à parler anglais.
C’est toute la logique de la préparation que nous construisons chez SkySuccess : un accompagnement centré sur l’oral, bilingue et individualisé, qui prend le candidat là où le système scolaire l’a laissé, capable de comprendre mais incapable de s’exprimer avec aisance, et le mène jusqu’au niveau attendu en entretien cabine. Parce qu’en recrutement PNC, ce n’est pas ce que vous savez de l’anglais qui compte. C’est ce que vous savez en faire, à voix haute, face à un recruteur.
Les résultats parlent d’eux-mêmes : 87% de nos élèves obtiennent le LILATE ou Linguaskill B2/C1, plus de 1 200 élèves ont été recrutés en compagnie dont plus de 500 en 2025, et SkySuccess travaille en partenariat direct avec plus de 10 compagnies aériennes dont Ryanair, Volotea, Emirates et Chair Airlines.
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Questions fréquentes
Pourquoi les Français parlent-ils mal anglais ?
Les Français ne sont pas mauvais en anglais : ils le lisent et le comprennent correctement. Leur faiblesse se concentre sur l’expression orale, où la France se classe 32e sur 35 en Europe selon l’EF EPI 2025. La cause n’est pas un manque de capacité mais un manque de pratique : le système scolaire privilégie la grammaire et la lecture au détriment de la prise de parole.
Quel est le niveau réel des Français en anglais oral ?
Selon l’EF EPI 2025, la France obtient un score de 456 points en expression orale, soit la 32e place sur 35 pays européens classés. C’est près de 100 points en dessous de leur score en compréhension écrite (555). La France devance seulement la Moldavie, la Turquie et l’Italie dans ce classement.
La France est-elle vraiment derrière l’Italie en anglais oral ?
Non. La France devance l’Italie de 39 points à l’oral (456 contre 417). L’idée reçue selon laquelle les Italiens seraient meilleurs à l’oral est donc fausse selon les données EF EPI 2025. En revanche, la France est derrière l’Espagne (462 points), ce qui peut surprendre.
Pourquoi l’anglais oral est-il décisif pour devenir hôtesse de l’air ou steward ?
Un entretien de recrutement PNC se joue entièrement à l’oral : échanges spontanés, mises en situation, questions de sécurité, test de fluidité. Les compagnies françaises exigent une certification LILATE ou Linguaskill B2 minimum. Les compagnies européennes et internationales comme easyJet ou Emirates ne demandent pas de certification, mais conduisent leur recrutement entièrement en anglais. Dans tous les cas, la fluidité orale est évaluée directement et de manière éliminatoire.
Quel niveau d’anglais faut-il pour postuler en compagnie aérienne ?
Le niveau B2 est le minimum requis par les compagnies françaises, certifié par le LILATE ou le Linguaskill. En 2026, la majorité des candidats retenus chez Air France et HOP! disposaient d’un niveau C1. Pour les compagnies comme easyJet, Ryanair ou Emirates, pas de certification exigée, mais le recrutement se déroule entièrement en anglais : un niveau avancé et fluide est indispensable.
Peut-on vraiment améliorer son anglais oral à l’âge adulte ?
Oui. Le faible niveau des Français à l’oral s’explique par un manque de pratique, pas par une incapacité. EF recommande d’investir en priorité dans l’expression orale. Un accompagnement ciblé sur la pratique régulière de l’oral permet de progresser vers le niveau attendu en entretien, quel que soit l’âge de départ.
Par Rémi Duchange, co-fondateur de SkySuccess, journaliste aérien (TourMag). Ancien personnel navigant commercial, chef de cabine et instructeur PNC chez easyJet pendant près de quinze ans, certifié CELTA (Cambridge).
Source des données : EF English Proficiency Index 2025 (EF Education First), basé sur 2,2 millions de candidats au test EF SET dans 123 pays. Scores d’expression orale issus de la section « Proficiency Detail » du rapport officiel.

